Jeanny MARC - Mariée 3 enfants - Enseignante à la retraite depuis 2004 - Maire de Deshaies depuis 1995 - 1ère VP du Conseil Général depuis 2003 - Officier de l'Ordre National du Mérite - Médaille d'Argent Jeunesse et Sport

1) Comment concilier vie familiale et vie professionnelle ?

Tout est question d’engagement et de conviction. En tant que femme, depuis mon plus jeune âge, j’ai toujours milité en faveur du mouvement associatif. Cela m’a projeté en tant que conseillère municipale tout en étant enseignante. En tant que mère de famille, je me suis toujours donnée les moyens de remplir mon rôle d’épouse, de mère et de femme. Malgré mes obligations professionnelles et associatives, j’ai toujours accordé à chaque membre la place qui lui revenait. Je trouvais toujours le temps de préparer les repas, accorder de l’attention aux enfants, leur insuffler l’amour du pays. En même temps, il fallait trouver du temps pour mes élèves et contribuer à leur formation en tant que citoyen de demain.

2) Comment peut-on faire évoluer l’image de la femme dans notre société ?

C’est d’abord la femme, elle-même, qui peut faire évoluer son image. La femme doit s’engager dans la société en tant que parent d’élève, mère de famille, mais aussi dans le milieu professionnel, associatif et politique. C’est dans sa façon d’être, de s’impliquer, qu’elle doit susciter l’exemple. Il faut que cette liberté acquise par nos aînés au prix de durs combats, soit bien utilisée. La liberté de la femme ne peut se concevoir en dehors de l’homme ni à son détriment, ils sont complémentaires.

3) Comment percevez-vous l’accession possible d’une femme à la présidence de la République Française ?

Le moment est venu d’avoir le courage de regarder les choses en face. L’exercice du pouvoir n’est pas une affaire d’hommes ou de femmes ; c’est une affaire de personnes qui ont des convictions, qui voudraient faire avancer le pays. La France ne peut pas être plus conservatrice que l’Allemagne qui a choisi une chancelière pour diriger le pays et qui ne s’en porte pas plus mal, que le Chili et bien d’autres encore… Je pense que la France est prête à voir une femme diriger le pays.

4) Quels conseils donneriez-vous aux jeunes femmes guadeloupéennes ?

Je dirais aux femmes de rester elles mêmes : de rester femmes, coquettes, volontaires, courageuses et surtout fières. Elles donnent la vie et doivent protéger leurs enfants, faire en sorte qu’ils s’épanouissent pour le bien de tous. Aussi, ajouterais-je qu’il convient de rester d’authentiques Guadeloupéennes : porter toutes ces valeurs qui ont forgé l’identité de cette société (la dignité, le respect de soi et de l’autre, de son pays, la solidarité, la responsabilité). Etre une femme guadeloupéenne engagée qui lutte pour faire en sorte que ces enfants puissent vivre libres et épanouis dans notre pays pour lequel nos aînés se sont battus afin que nous devenions ce que nous sommes. Je souhaite que la Jeune Chambre puisse inciter le maximum de femmes à prendre toute leur place dans ce développement.