CONSEIL MUNICIPAL DU 22 AVRIL 2008



Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs,



Tout d’abord, je tiens à saluer l’assistance ici présente ce soir. Par la même occasion, je profite pour vous remercier de l’intérêt que vous portez aux affaires relatives à la commune de Deshaies.

Mes premiers mots iront en direction de Monsieur Aimé CESAIRE qui nous a quitté en fin de semaine dernière. J’ai une pensée toute particulière pour ce grand homme, chantre de la négritude, humaniste et homme de progrès. Sa disparition est une grande perte pour l’humanité et plus particulièrement pour la communauté négro-africaine. Je vous invite donc, chers amis, à observer une minute de silence en sa mémoire.

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J’ai envie ce soir de citer CESAIRE quand il prescrit par la force de son verbe que « l’intérêt général ne doit pas être noyé dans les eaux froides des intérêts particuliers ».
Je m’inscris dans le sillage vertueux de CESAIRE quand il confère toute sa quintessence à la conception qu’il se faisait du devoir politique. Un devoir politique qui se conjugue avec « rectitude », « don de soi », « progrès social » et « service de l’intérêt général ».

« Ecraser l’innocent qui résiste, c’est un moyen que les tyrans emploient pour se faire place en mainte circonstance ». Je veux honorer la mémoire de cette maîtresse femme SOLITUDE, symbole de résistance et de courage.

Femme debout, je ferai barrage à quiconque tentera d’asséner des coups de boutoir à mon peuple.


Vous comprendrez bien Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs, l’état d’esprit qui m’anime ce soir. 

 

Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs, vous avez sans doute tous entendus sur les ondes que la chambre régionale des comptes a rendu un avis sur la gestion de la commune de Deshaies pour l’exercice 2006. Cette appréciation étant la résultante d’un contrôle budgétaire du compte administratif 2006.

 

Chère population, je n’ai point souhaité m’exprimer sur les ondes avant de vous en avoir notifié le contenu. Là est ma méthode, c’est en substance la conception que je me fais de la démocratie.   

 

Je crois qu’il est important, compte tenu de l’invraisemblable gravité de  la situation, de procéder à la genèse des éléments de la procédure qui ont abouti à la formulation des recommandations de la chambre.

 

En décembre dernier, j’ai reçu un appel du Préfet de Région m’alertant d’une anomalie constatée mettant en cause l’équilibre réel du budget 2006. Il me signifiait par cet appel que le déficit budgétaire de la commune de Deshaies aurait atteint 13,19% des recettes réelles de fonctionnement au lieu du seuil de 10% fixé par l’article L 1612.14 du code général des collectivités territoriales. En conséquence, il se verrait dans l’obligation de provoquer la saisine de la chambre régionale des comptes.

 

J’en appelle à votre perspicacité et à sagacité, dès lors, vous comprendrez bien que ces 13,19% de déficit initiaux n’ont en soit aucune commune mesure avec les 18,74% de déficit global de clôture énoncés dans l’ultime avis de la chambre.
 
Conformément aux demandes formulées par le premier conseiller de la chambre régionale des comptes, nous lui avons apporté les preuves de la sincérité du compte administratif que le Conseil Municipal avait voté le 26 juin 2007. Un compte administratif que nous avions adopté avec un déficit global de clôture de 332 011,96 € soit en dessous du seuil autorisé de 10% prévu par la réglementation.

 

D’ailleurs, vous constaterez qu’il n’est nullement fait mention d’irrégularités constatées, ni du caractère insincère du compte administratif. Vous noterez que l’analyse de la chambre n’a porté que sur le poste « investissement » et non sur le poste « fonctionnement » de notre budget (qui concerne la gestion des affaires courantes de la commune : personnels…).

 

En revanche, je demeure dubitative sur la finalité politique de tous ces stratagèmes qui in fine n’ont de vocation qu’à desservir l’intérêt de la population pour laquelle je suis au service. Que l’on remette en cause la gestion d’une équipe municipale, c’est une chose, mais que l’on porte atteinte à la dignité et au respect du peuple deshaiesien, s’en est une autre. Et là je m’insurge !

Mesdames, Mesdemoiselles et Messieurs,

permettez-moi de répondre à ses bonnis coutumiers de la Chambre Régionale des Comptes qui se vêtissent du blanc seing d’une gestion irréprochable. Une gestion hasardeuse n’est pas celle qui a consisté au cours des 12 dernières années à hisser Deshaies sur les voies du développement que l’on lui connaît. Une gestion hasardeuse n’est pas non plus celle qui su contenir les dépenses de fonctionnement de la collectivité.

Une gestion hasardeuse est justement celle qui a conduit à la faillite de ce formidable outil au service du développement de la Guadeloupe qu’était l’A.G.E.T.L.

Une gestion hasardeuse est justement celle qui fait du mensonge, de la duperie et de la calomnie, un mode de vie. Une gestion hasardeuse consiste à défendre ses intérêts personnels avant de défendre l'intérêt général. J'en veux pour preuve les nombreux témoignages douloureux de la population baie-mahaultienne.

Une gestion hasardeuse consiste également à accroître de plus de 825% le déficit de la caisse des écoles de Pointe-à-Pitre. Une gestion hasardeuse est celle qui prive les enfants de Pointe-à-Pitre de peut-être la seule chance de bénéficier d’un repas équilibré.

Pour ma part, je continuerai à aller chercher les financements là où ils se trouvent. Je m’attacherai à faire profiter au territoire de Deshaies des potentialités de développement qu’offre désormais l’ouverture de l’hôtel Fort Royal.

Je connais la modestie des recettes de la commune. Je continuerai avec mon équipe à gérer les affaires de la commune avec la sincérité et la rigueur que tout le monde me connaît.