Question au Gouvernement

Posée le mercredi 30 avril 2008

Par Jeanny MARC

Député de la Guadeloupe


Monsieur le Président,

Mes chers collègues,

Ma question s’adresse au Premier des Ministres, quand bien même je sais qu’il ne daignera pas me répondre ! Et pourtant, toutes les familles de France et d’Outre-mer, ne manqueront pas de prêter une oreille attentive au sujet sur lequel je veux interpeller avec solennité le Gouvernement.

Le pouvoir d’achat des Français s’érode incontestablement. Pourtant, dans un contexte que vous n’osez pas qualifier de rigueur etd’austérité, les familles, singulièrement les plus modestes, voient le Gouvernement mettre, une fois de plus, sans vergogne la main dans leur portefeuille...

En effet, après l'assaut contre la carte familles nombreuses, aujourd'hui, sans discussion, sans concertation, sans négociations, le montant des allocations familiales est désormais diminué, depuis hier, du fait de la publication de deux décrets qui ont instauré la majoration unique de ces allocations à l’âge de 14 ans à compter du 30 avril 2008. 

Chaque famille comprendra aisément que les allocations auxquelles elle peut prétendre vont bel et bien diminuer de 600 € par enfant et par an.

138 millions d’euros seront ainsi économisés sur le dos des familles. Sur ces économies, seuls 90 millions € seraient réinjectés en faveur des familles ayant des enfants en bas âge. Ce sont 48 millions de pertes sèches (!) que vous infligez aux familles.

Oui, mesdames et messieurs de la majorité, vous aviez dit aux français : «ENSEMBLE, TOUT DEVIENT POSSIBLE»... J'ajouterai : « Même dépouiller les familles, singulièrement les plus modestes, vous est aussi possible. »

Monsieur le Premier Ministre, nos concitoyens admettent de moins en moins que l’on modifie la politique familiale de notre pays. Ils ne l'acceptent plus comme on faisait autrefois avaler l’huile de foie de morue aux enfants : une cuillère à la fois en faisant diversion entre chaque cuillerée.

Aujourd’hui, les allocations familiales, expression d'une solidarité encore perfectible Outre-mer !

Demain, viendra le tour de l’allocation de rentrée scolaire ...

Monsieur le Premier Ministre, plutôt que de vous excuser de faire des erreurs politiques, je vous demande de considérer l’inquiétude des Familles de France qui ont le moral au plus bas, sans oublier celles qui résident Outre-mer, et d'accepter de retirer ce décret scélérat qui pénalise les enfants de tous les Français.