Monsieur le Président,

J'ai l'honneur de vous adresser pour la deuxième fois une lettre portant intérêt de la crise sociale sans précédent que traverse la Guadeloupe depuis le 20 janvier, la première étant restée sans réponse.

Le 13 janvier dernier lors de la séance de question orale sans débat, j'ai tenté d'attirer l'attention de votre gouvernement sur la crise qui se profilait tant la détresse de la population était palpable.

Je n'ai essuyé que désinvolture de la part de votre Secrétaire d'Etat à l'Outre-Mer. Sa réponse insatisfaisante m'avait obligée à souligner la gravité de la situation lui réclamant des signes forts et des solutions pérennes.

Sans doute des préoccupations majeures et plus importantes vous ont contraint à ignorer les appels de détresse que je vous avais lancés. Alors, j'ai espéré en vain, que l'interview de jeudi dernier, tant attendue par tout le peuple français serait, pour vous, l'occasion de nous adresser un message d'espoir, sachant que depuis le 20 janvier la totalité des activités de la Guadeloupe était arrêtée pour protester contre la vie chère. A ma grande stupéfaction, vous n'avez manifesté aucune émotion pour nos familles en détresse, vous n'avez livré aucun message en direction des populations de l'Outre-mer français. Vous avez fait abstraction totale de la crise sociale sans précédent que traverse la Guadeloupe.

Pourtant, vous n'êtes pas sans savoir que ce profond malaise a des effets contagieux. L'Outre-Mer n'est qu'une seule et même famille répartie sur des territoires différents. Ainsi, la Martinique a rejoint le cortège de la douleur, la Guyane s'y prépare et la Réunion ne semble pas en reste.

Après cet affront pour nous enfants de la République, nous venons une nouvelle fois d'être victimes de l'insupportable indifférence et de la légèreté dont fait preuve votre gouvernement à l'égard de l'Outre-Mer. Au seul motif de la discontinuité géographique, votre Secrétaire d'Etat à l'Outre-Mer, dépassé par l'ampleur de la mission que vous lui avez confiée, s'est discrédité, discréditant, du coup, votre gouvernement.

Il n'est donc plus acceptable qu'un dossier devenu ultra sensible, soit mené en dehors de l'Elysée. Les Guadeloupéens sont blessés parce qu'ils ont une vision respectueuse des institutions. Ils conçoivent mal d'être traités avec autant de mépris.

Désormais, seule une personne dument mandatée, pouvant prendre toutes initiatives engageant l'Etat, reste désormais envisageable pour continuer les négociations, dans un climat pacifié.

Je reste donc à votre entière disposition pour tout renseignement complémentaire.

En espérant que vous attacherez un intérêt particulier à une réponse que je saurai faire apprécier aux populations ultramarines, je vous prie de croire Monsieur le Président, à l'assurance de ma considération distinguée.