Monsieur le Président,

Monsieur le Premier Ministre,

Chers collègues,

Ma question s’adresse au Premier Ministre, et, à personne d’autre !

Personnellement, depuis le 21 janvier dernier, j'ai participé, avec les autres parlementaires de tous bords, aux différentes négociations et aux échanges officiels pour tâcher de garder le lien social de mon pays la Guadeloupe.

Je ne vous apprendrai rien en vous rappelant que l’Outre-Mer et la Guadeloupe en particulier, traversent une crise sociale historique. Une crise qui exprimait jusqu'à présent un désespoir et une exaspération devenues, devant l'indifférence caractérisée de l'Etat, une protestation  accrue laissant envisager toutes les dérives.

Pourtant, les Guadeloupéens ont démontré au fil de ces 4 semaines leur détermination à se faire entendre de l’Etat. Cet Etat Français que vous représentez, Monsieur le Premier Ministre, et auquel, l’Outre-Mer est si attaché.

La plate-forme de revendications portée par le mouvement LKP est le reflet d'un malaise social. Elle est le reflet d'un désintérêt, ou de la désinvolture d'un Etat qui, se fourvoyant dans le choix de son émissaire, a rompu le dialogue...a rompu la confiance.

Aveuglé par vos certitudes, sourd aux interpellations des élus de l'Outre-Mer et insensible à la détresse de sa population, vous avez fait preuve jusqu'à présent d'un autisme qui a pour résultat, aujourd'hui, d'avoir fait  exploser la paix sociale. Vous êtes responsable, aujourd'hui,  de cette situation, ne vous rendez pas coupable, demain, de vos tergiversations.

Les clichés infantilisants sur l'Outre-Mer ne sont plus de mise. Les inégalités que nous dénonçons inlassablement ne sont plus acceptables. L'insoutenable dérive des prix a mis le feu aux poudres parce qu'au même titre que les français de l'héxagone,nous sommes confrontés aux problèmes d'un pouvoir d'achat en décalage avec la réalité économique.

Votre gouvernement a entamé la confiance des populations d’Outre-Mer en mettant à mal leur économie déjà fragilisée, en pratiquant une casse sociale brutale.

La remise en cause de la défiscalisation, sans aucune évaluation et sans consultation préalable  des acteurs économiques des Outre-Mers,a conduit à une casse fiscale et atteste de l’éloignement du gouvernement de la réalité des départements d'Outre-mer.

Vous dites souvent que l’outre mer coûte cher à l’Etat (on annonce des chiffres de l’ordre de 16 Milliards d'euros par an).

Et combien coûte la solidarité nationale hors Outre-Mer?...

Ce discours n'est pas juste car il entretient la frustration et l'injustice en d'autres termes, ce discours fait le lit de la discrimination.

Le flou et les aberrations de votre projet électoral pour l'Outre-mer appelé « Zones Franches Globales d'Activités », devenues en 2007 LOPOM puis  LODEOM, en 2008 (non examiné à ce jour) a également entamé la confiance des entreprises locales. Aujourd’hui, les conséquences sont là, ce sont les départements d’Outre Mer qui accusent le plus fort taux de chômage depuis 2007.

Les pratiques de votre gouvernement ont ébranlé l’Outre-Mer sans en mesurer les conséquences. Seul hic, c’est que la grogne et l’insatisfaction  ne sont pas seulement une spécificité ultramarine puisque l’ensemble de français  vous, disent TROP C’EST TROP.

Avec vous plus rien n'est possible !!!!!!

Aujourd’hui, venue spécialement de la Guadeloupe, pour vous poser une question, j'ai également des propositions pour sortir de la crise que je remettrai au chef de l'Etat qui daigne enfin accepter de nous recevoir à Paris, alors que nos territoires vivent une situation explosive.

Monsieur le Premier Ministre,...

devant l’extrême urgence de la situation...:

  • avez-vous l’intention et le courage de faire respecter l'engagement de l’Etat ?

  • avez-vous l'intention d’assumer courageusement les engagements portés par votre Secrétaire d’Etat dûment mandaté par vous ?

La population de la Guadeloupe, plus mobilisée que jamais (malgré les dérapages) attend de vous une mise en oeuvre des engagements pris par votre secrétaire d'Etat pour faire revenir la paix sociale dans notre pays.


Visionnez la question posée par Madame Jeanny MARC en clickant sur le lien suivant :

http://www.assemblee-nationale.fr/13/vod/videoquestions/090217.html