Ma question s'adresse à Mme Valérie Pécresse, ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche, et à M. Yves Jégo, secrétaire d'État chargé de l'outre-mer.

Malgré toutes vos preuves d'amour, madame la ministre, depuis de nombreux mois, des étudiants, enseignants et lycéens protestent contre la réforme des universités et les décrets qui mettent en péril l’année lycéenne et universitaire de nombre d’entre eux. L’égalité des chances,aujourd’hui mise à mal, mais aussi et surtout le droit et la liberté d'enseignement, principes fondamentaux des lois de la République, constituent leurs principales revendications. Ma question est donc fondée sur le principe d'égalité.

Comme vous vous en doutez, malgré l'éloignement, les outre-mer sont aussi concernés par cette réforme. L'université des Antilles et de la Guyane s'étend sur deux îles, la Guadeloupe et la Martinique, distantes de 200 kilomètres, et sur la Guyane, éloignée de 1 500 kilomètres des deux autres entités. Cet éclatement géographique est accentué par la distance considérable qui sépare l'université des Antilles et de la Guyane des autorités et autres universités de l'hexagone.

Les différentes propositions de votre réforme inscrite dans la loi sur l'autonomie et la responsabilité des universités nous inquiètent. Il est prévu notamment que les universités autonomes soient subventionnées par des organismes privés. Si cette mesure est certainement nourrie de bonnes intentions, je souhaiterais savoir dans quelle mesure le Gouvernement pourra, connaissant la faiblesse de nos économies outre-mer, inciter les investissements des entreprises dans nos universités, sachant qu'aucune mesure n'est prévue en ce sens dans la LODEOM que nous examinons en ce moment.

Le Gouvernement est-il prêt à encourager, au travers de cette réforme des universités, la possibilité d'une nouvelle coopération interrégionale entre l'UAG et l'ensemble des entreprises présentes dans le bassin caraïbéen ?