La démonstration de force du gouvernement instrumentalisée par son Secrétaire d'Etat à l'Outre-Mer confirme une fois de plus la volonté gouvernementale de poursuivre la casse économique de notre département.

La nouvelle Secrétaire d'Etat à l'Outre-mer a-t-elle mesuré les effets désatreux que pourrait occasionner une augmentation précipitée des prix du carburant dans un tel contexte économique et social ?

Une augmentation de plus qui vient diminuer le pouvoir d'achat des Guadeloupéens et de fait, anéantissant ainsi une lutte sans merci menée courageusement avec dignité par la majorité de la population.

Une  augmentation des prix du carburant qui perpétue la tradition de « pwofitasyon » dénoncée par le LKP.  Cette augmentation profite et renforce une société en situation de quasi monopole en amont et aval des circuits de distribution des carburants. Une société également actionnaire majoritaire au sein du capital de la SARA.  Au final, une société qui s'est placée en position dominante dans le réseau de distribution de notre département.

Cette démarche est contestable à plus d'un titre.

En effet, la Communauté Européenne dans son article 87  du traité instituant ladite communauté, signé par la France en 1957, pose formellement l'interdiction pour les états membres de l'Union Européenne  de favoriser de quelque manière que ce soit, une entreprise au détriment d'une autre.

En faisant supporter dans les mêmes proportions les opérateurs de petite et de grande taille, un niveau de charges que seuls les gros opérateurs seraient en mesure d'assumer, ce sont ainsi des barrières supplémentaires qui sont disposées à entraver une juste concurrence. Cet état de fait résulterait donc à placer la société Total en situation de position dominante. Le processus d'augmentation tel qu'il est  envisagé par le gouvernement est d'une part inadapté à la structure de notre économie et d'autre part,  purement et simplement interdit par le droit communautaire, sauf s'il est démontré une contrepartie favorable à l'intérêt général. En l'espèce, ici, ce n'est pas le cas !

Aussi, je déplore que le gouvernement accorde si peu d'attention à notre situation  particulière en Guadeloupe. Je dénonce avec force et détermination cette  augmentation injuste et inéquitable.

D'après mes calculs,  à compter du 1er janvier 2010, chaque Guadeloupéen se verra doublement pénaliser par cette augmentation : pour une consommation moyenne de 60 litres de carburant par semaine,  la hausse de 0,06 cts par litre, correspondra à 173 euros par an, somme à laquelle viendra se rajouter la taxe carbone de 150,00 euros pour l'utilisation des énergies fossiles comme l'a annoncé le Président de la République.

C'est donc bel et bien le pouvoir d'achat des Guadeloupéens que ces mesures vont toucher.

A cause de ce motif trop crucial pour être traité à la « va vite », j'invite les membres du gouvernement, à prendre le temps de la raison, le temps de l'appréciation, le temps de trouver des solutions adéquates pour favoriser une égalité de traitement sur l'ensemble du territoire.

Par ailleurs, les principes retenus par Madame Penchard au titre des préconiations du rapport Bolliet ne garantissent pas un accès équitable à tous les opérateurs au marché local.