La loi pénitentiaire vient d'être votée au Parlement hier. Malheureusement, elle ne prend pas en compte l'état de catastrophe humanitaire qui persistera dans les prisons françaises et plus singulièrement en Guadeloupe. En effet, dans notre département, tout comme en métropole, les problématiques sont quasi identiques sans compter l'intégration des risques sismiques et cycloniques contraignant davantage les structures déjà fortement ruinées par l'usure du temps et le manque d'entretien, faute de moyens.

Ainsi, les phénomènes récurrents tels la surpopulation carcérale, la forte proportion de détenus jeunes et sans formation, le manque flagrant de dispositifs permettant une insertion sociale et professionnelle des détenus à leur sortie de prison, le délaissement des malades atteints de troubles du comportement sont autant de préoccupations qui ne trouveront pas de solutions dans le dispositif législatif prévu par la nouvelle loi pénitentiaire.

Cette loi qui portait tous les espoirs du monde pénitentiaire, laisse un goût amer à tout un secteur plus que jamais seul face à son désespoir et à son destin. Nous sommes bien loin de la loi fondamentale qui devait apporter des solutions à la situation d'urgence tant décriée et dénoncée dans les lieux de privation des libertés.

Au regard de cette nouvelle loi pénitentiaire, je constate qu'elle ne résoudra en rien les problèmes de fond que pose l'encellulement et l'emprisonnement pour les décennies à venir. Elle n'apportera rien non plus au personnel pénitentiaire qui travaille dans des conditions extrêmement difficiles.

Malgré tous mes efforts conjugués à ceux de mes collègues des groupes PRG (Parti Radical de Gauche) et SRC (Socialiste Radicaux et Citoyens), le gouvernement n'a pas voulu intégrer par nos amendements la détresse de tous ceux et de toutes celles qui vivent et travaillent en milieu carcéral.

Je dénonce avec force et détermination ces dispositions législatives portées par cette loi pénitentiaire qui ne sont qu'une parodie de démocratie au rabais.

J'invite le gouvernement à prendre ses responsabilités et à justifier ses choix en refusant de regarder en face la réalité des prisons françaises qui demeureront les pires de l' Union Européenne.

Je rappelle que les détenus sont des hommes et des femmes ayant tout de même des droits. Les personnels sont des pères et des mères de famille, citoyens à part entière; ils méritent notre respect.