C'est avec une cérémonielle gravité que je prends aujourd’hui la parole devant vous.

Le contexte actuel de flambée des actes de violence appelle en effet, au-delà des indignations momentanées, une véritable réaction des responsables.

Comment ne pas être indigné lorsque les chiffres révélés par l'observatoire national de la délinquance nous apprennent qu'en 2009, le taux de violences physiques « non crapuleuses » est plus élevé en Guadeloupe qu’en Seine-Saint-Denis, un département pourtant réputé pour sa brutalité.

Comment ne pas être interpellés par la progression inquiétante des actes de délinquance commis par les mineurs.

Comment ne pas être mobilisés lorsque nous apprenons que, depuis près d'une décennie, ce sont de jeunes multi récidivistes qui viennent de manière systématisée  grossir le phénomène de surpopulation carcérale.

Comment demeurer sourds face au bourdonnement de détresse grossissant  de nos concitoyens qui s'interrogent de manière timorée sur la capacité de notre société a pouvoir leur garantir le maintien de la valeur constitutionnelle du droit a la sécurité des personnes et des biens. 

En raison de la dimension considérable de toutes les problématiques énoncées en préambule, il me paraît aujourd’hui important de devoir modifier nos paradigmes sur les politiques publiques a conduire en vue de contenir la montée des actes de violence et de délinquance.

En effet, la loi loi n° 2007-297 du 5 mars 2007 a consacré la prévention de la délinquance comme une politique publique permanente. Des innovations institutionnelles et  administratives ont été nécessaires (comité interministériel de prévention de la délinquance, comité interministériel de prévention de la délinquance...) et pourtant, les politiques gouvernementales conduites en la matière tardent a produire des effets dans notre archipel.

Par ailleurs, cette même loi du 05 mars 2007 relative a la prévention de la délinquance renforce le rôle du Maire comme acteur essentiel de la politique de prévention de la délinquance. La encore, peu d'initiatives a l'échelle communale semblent vouloir émerger.

Des lors, en matière de sécurité et de prévention de la délinquance, il faudra faire preuve de pragmatisme en sortant des sentiers jonchés d'idéologisme et de dogmatisme primaire pour résolument s'inscrire dans un nouveau cadre d'intervention partenarial a l'échelle des territoires.    

L'état par le biais de son représentant local et ce, dans le cadre de ses prérogatives en matière de sécurité, tente de vouloir circonscrire le phénomène d'aggravation du phénomène  de violence en fixant le cadre a l'échelle départementale de son champs d'intervention. Je veux parler du Plan Départemental de Prévention de la Délinquance signé en 2008 ou encore plus récemment du plan de lutte contre la délinquance et l’insécurité routière.

Pour sa part, dans une démarche de plus long-terme, la Communauté des Communes du Nord Basse-Terre propose d'œuvrer a l'intégration citoyenne par l'apprentissage des valeurs fondamentales du pacte social ainsi que plus, largement, celles d'un humanisme citoyen.

Je n'ai pas eu l'occasion de le faire plus tôt dans mon intervention et vous m'en excuserez, permettez, Mesdames, Mesdemoiselles et Messieurs que je salue l'heureuse initiative du Président de la CCNBT, Monsieur Richard Yacou qui, a la suite d'actes de violence particulièrement graves a l'échelle de notre territoire intercommunal, a décidé de convoquer l'Assemblée plénière constitutive du Conseil Intercommunal de Sécurité et Prévention de la Délinquance (C.I.S.P.D). 

A mon sens, la création de cette instance de décision intercommunale trouve sa justification en raison de plusieurs démissions :

  • D'une part, celle de la famille qui ne constitue plus le premier lieu d'apprentissage de l'autorité et des repères sociaux.
  • D'autre part, celle de l'école, autre lieu essentiel de socialisation et de formation a la citoyenneté, qui est confrontée de plein fouet a l'atomisation du système social. On assiste même a une véritable désenctuarisation des établissements d'enseignement, jusque la relativement épargnés. Ils sont de plus en plus souvent le théâtre de graves violences de la part des mineurs notamment a travers la multiplication des agressions commises envers les professeurs.

Une spécialité bien de chez nous consiste à poser de faux-problèmes et y  lancer d'interminables débats contre-productifs.

Pour ma part, je demeure convaincue que face a l'ampleur des défis a relever pour notre jeunesse et plus globalement, pour notre population, mes collègues élus communautaires sauront prendre la mesure de leurs responsabilités. Il nous incombera de rapidement s'inscrire dans une démarche partenariale qui nous permettra, en notre qualité d'élus locaux, de jouer pleinement le rôle qui nous incombe en matière de lutte contre l'insécurité.

Au regard de l'analyse sociologique des actes de délinquance sur le territoire communautaire, Il nous appartiendra, au sein du C.I.S.P.D de participer au développement d'initiatives locales en associant l'ensemble des acteurs du terrain : préfet, justice, services déconcentrés, associations...

Nous aurons surement l'occasion d'en débattre plus longuement en Conseil Communautaire, mais il me paraît urgent de devoir définir, de manière concertée avec l'ensemble de nos partenaires, de véritables politiques publiques en matière :

  • d'échanges d'informations concernant les attentes de la population;
  • d'encouragement d'initiatives en matière de prévention et d'aide aux victimes;
  • de mobilisation des moyens nécessaires à la mise en œuvre des mesures alternatives aux poursuites et à l'incarcération;
  • de mobilisation des mesures sociales, sanitaires et d'insertion favorisant la prévention de la récidive.

Je terminerai mon propos en insistant que si nous ne faisons rien de manière urgente, nous risquons de nous orienter vers une graduation des actes de représailles notamment chez les personnes victimes d'actes délictueux qui peu a peu s'orientent vers l'application d'une justice personnelle.   

En ma qualité de parlementaire, je me dois de veiller à ce que les fondements de notre démocratie soient maintenus tout en m'attachant a lutter de manière énergique contre toutes les formes d'anarchisme.

Je souhaite que les travaux conduits au sein du C.I.S.P.D puissent véritablement aboutir à de véritables actions en faveur d'un resserrement des fondements de notre pacte social.