Comment croire que le Gouvernement souhaite nous accompagner vers un développement endogène alors qu'il s'apprête à signer la ratification d'un accord commercial entre l'UE, la Colombie et le Pérou ?

Il va s'en dire que cet accord aura de graves conséquences sur les économies de la Guadeloupe, de la Guyane, de la Martinique et de la Réunion.

Je veux donc par ce communiqué alerter mes compatriotes de ce coup fatal qui est porté à nos économies alors qu'aujourd'hui même le Président de la Répubique reçoit les acteurs de la production agricole « Métropolitaine ». Tout comme nous en Outre-mer, ces professionnels sont au bord de l'asphyxie financière, ceux-ci défendent « becs et ongles » leurs acquis. En effet, il n'est pas question de suppression des aides européennes ni de réductions de leurs marges. Pour compenser leurs pertes le Gouvernement leur promet de réduire les intermédiaires par le biais de la loi de modernisation agricole qui sera examinée par l'Assemblée nationale courant juin 2010.

Dans le même temps « on livre » l'Outre-mer à l'aventure. On s'entend sur le dos des agriculuteurs ultrmarins. Quand on sait la somme d'efforts qu'ils consentent pour développeer leur activité, en tant qu'élue responsable je ne peux rester muette devant tant d'injustice.

En effet, une des contreparties essentielles octroyées dans cet accord par l'UE aux deux parties signataires est une suppression immédiate, à l'entrée du marché communautaire, y compris par conséquent à l'entrée de nos propres marchés locaux, des tarifs douaniers applicables à tous les produits agricoles tropicaux qui sont ceux de nos filières de production dans nos régions, y compris le sucre consommé localement.Cela veut dire que ce sont toutes les productions maraîchères et vivrières des trois régions de la Caraïbe qui seront mises en péril par cet accord.

Le parfait exemple étant déjà aujourd'hui celui de nos productions d'ignames fortement concurrencées par celles du Costa Rica et du Brésil qui se verront prochainement exonérées de tout droit de douane. Les principales productions agricoles de tous les départements d'outre-mer ainsi que le secteur de la Pêche et l'exploitation forestière de la Guyane, pour lesquels les débouchés commerciaux naturels sont la métropole, sont également directement menacés par ces accords.

J'interpelle donc solennellement le Président de la République sur les effets pervers de cet accord ainsi que sur les conséquences irréversibles pour nos économies encore trop fragiles.
J'ai porté à sa connaissance une lettre que je lui ai expédiée dans laquelle des solutions sont proposées pour ne pas laisser l'outre mer une fois de plus à la dérive.

Je prends à témoin toutes les populations d'Outre-mer et m'élève avec force devant « la lapidation » dans le plus grand silence de nos économies.

J'invite le chef de l'Etat à examiner avec la plus grande attention la requête que contient la lettre que je lui ai adressée pour ne pas laisser tomber comme d'habitude cette partie de la France éloignée.