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Je constate avec regret que le décret tant attendu pour réglementer le prix des carburants en Guadeloupe ne constitue en fait qu’un tour de passe-passe supplémentaire du Gouvernement pour continuer à mettre la main à la poche des guadeloupéens.

Le décret n°2010-1332 paru au Journal Officiel du 10 novembre 2010 n'est pas en réalité une évolution par rapport à celui de 2003. La recherche de transparence voulue par les guadeloupéens sur la fixation du prix des carburants continue à être obstruée par un Etat juge et partie car actionnaire historique de la compagnie pétrolière Total. En effet, le Préfet est toujours le seul à administrer le système de fixation du  prix des carburants alors que les marges bénéficiaires dégagées par les sociétés détentrices du capital de la Société Antillaise de Raffinerie continuent à être absoutes de tout contrôle.

Les préconisations des rapports Bolliet et Anact visant à améliorer les règles de transparence n'ont pas été retenues notamment pour tenir compte des objectifs quantitatifs fixés à la SARA (encadrements des prix pour le passage en dépôt et de la marge de gros).

Une recherche de solutions pérennes aurait dû aboutir à confier à une autorité indépendante (Commission de Régulation de l'Energie) la fixation du prix du carburant, ce qui aurait permis d'atteindre un double objectif :

  1. la mise en œuvre d’une nouvelle formulation du calcul du prix sortie SARA ;

  2. une adaptation en temps réel du prix du carburant Outre-mer aux cours mondiaux

Je regrette enfin que ce décret n'ait pas abouti à la création d'un Conseil de Surveillance au sein duquel siégeraient les élus locaux des 3 DFA afin d'offrir des gages de cohérence, de transparence et de contrôles, compréhensibles et acceptables par tous.

Les économistes tablent pour 2011 sur une forte poussée du prix du pétrole en raison de la demande croissante des pays émergents (Chine, Inde, Brésil).

Au regard de cette menace, maintenir dans l'opacité la fixation du prix des carburants en Outre-mer constitue un acte politique préjudiciable pour le maintien de la paix sociale dans notre département.

L'économie guadeloupéenne n'a rien à gagner dans le déclenchement d'un nouveau conflit à la veille des fêtes de Noël.

J'invite donc le Préfet, le Conseil Régional et le Conseil Général à reprendre le chemin du dialogue avec les partenaires sociaux afin d’éviter une nouvelle paralysie dont la Guadeloupe aura cette fois-ci, bien peu de chances de se relever.