Monsieur le Président,

 

Monsieur le Ministre,

 

Mes chers collègues,

 

Je vous remercie chers collègues du groupe SRC et apparentés de Gauche d’avoir pris l’initiative d’ouvrir le débat sur la formation et l’emploi des jeunes car ils sont les premières victimes des effets persistants de la crise.  Leur insertion dans l’emploi est souvent marquée par des allers retours fréquents entre emplois précaires et Pôle Emploi.

 

Dans les départements d’outre-mer, le taux de chômage des jeunes de 16 à 25 ans est particulièrement inquiétant. Il touche en moyenne 55% des jeunes actifs.

 

Avec un taux d’emploi de l’ordre de 8 à 10% selon le département, plusieurs facteurs peuvent expliquer cet important phénomène de chômage :



  • rigidité structurelle du marché du travail (les emplois précaires sont souvent réservés aux nouveaux entrants) ;
  • illétrisme ;
  • échec scolaire important
  • offre de formations professionnelles inadaptée et insuffisante;
  • les problématiques autours du "déclassement" ou de la "surqualification" des jeunes par rapport à leur emploi;
  • gouvernance complexe du pilotage des politiques d'emploi et de formation;

 

Derrière ce constat, des possibilités d’insertion professionnelle durables existent notamment dans les métiers de l’artisanat, de la culture, de l’environnement, du tourisme, des services aux particuliers ou encore pour les ouvriers qualifiés des secteurs primaire et secondaire.

 

Nous avons également pu constater que les contrats aidés et  les formations en alternance permettent une meilleure insertion dans l’emploi.

 

En ce qui concerne les contrats aidés, la politique de rigueur imposée au budget de l’Outre-mer ne permet pas d’envisager de faire intervenir cet important levier.

 

Pour ce qui est de la formation en alternance, et plus singulièrement pour la Guadeloupe, les importants retards accumulés au niveau des services de l’Etat en matière de mise en œuvre et de versement des mesures incitatives qui y sont dédiées, ont définitivement découragé les employeurs d’avoir recours à ces contrats.

 

Pour remédier aux problématiques que je viens de vous évoquer, il est aujourd’hui possible de lancer deux expérimentations :

 

La première est une mesure conjoncturelle visant à répondre aux difficultés d’ordre matériel (logement, transports…) des jeunes en situation de précarité. Elle consisterait à verser le « RSA jeunes » par la voie d’une convention avec l’entreprise accueillante et pour la seule première année, aux publics ayant choisi de s’insérer par le biais de la formation en alternance.

 

La seconde consisterait à mettre en œuvre un dispositif de type « Leonardo Mobilité » chargé d’organiser des stages dans les entreprises présentes dans l’environnement régional des D.O.M.

 

Monsieur le Ministre, à travers ces propositions, seriez-vous prêt à vous engager à redonner espoir à tous ces jeunes français de pouvoir s’insérer un jour dans la vie professionnelle ?